LES CHOSES QU'ON DIT LES CHOSES QU'ON FAIT

De Emmanuel Mouret
Avec Camélia Jordana, Niels Schneider, Vincent Macaigne
 

Daphné, enceinte de trois mois, est en vacances à la campagne avec son compagnon  François. Il doit s’absenter pour son travail et elle se retrouve seule pour accueillir Maxime,  son cousin qu’elle n’avait jamais rencontré. Pendant quatre jours, tandis qu’ils attendent le  retour de François, Daphné et Maxime font petit à petit connaissance et se confient des  récits de plus en plus intimes sur leurs histoires d’amour présentes et passées… 

Il y a deux ans, Emmanuel Mouret régalait avec Madame de Jonquières, drame  romanesque en costumes qui réussissait à vivifier le genre en étant à la fois clas sique et d’une incroyable modernité. Le cinéaste y parlait des affres de l’amour et  du désir, deux thématiques qui se retrouvent à nouveau au cœur de son nouveau  long-métrage, Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait. Sauf que cette fois-ci,  pas de grandes robes, de jabots et de châteaux, Emmanuel Mouret abandonne les  costumes, adieu le film d’époque et bonjour le contemporain où les turpitudes de  l’amour n’ont finalement que peu changé… 

Fruit d’un scénario à l’écriture aussi intelligente que d’une rare finesse, mis en  scène avec un génie malicieusement joueur, Les Choses qu’on dit, les choses  qu’on fait emprunte autant au drame crépusculaire qu’à la douce comédie roma nesque, les deux étant très intimement liés dans cette valse aux accents philoso phiques. Sur le fond, ce nouveau film d’Emmanuel Mouret est profondément triste,  presque désespéré par moments. Mais sur la forme, on se surprend à rire parfois  de ce petit théâtre (parfois joué comme tel) où les protagonistes se croisent et se  recroisent comme manipulés par un destin scellé d’une délectable ironie du sort.  Toute la complexité des sentiments et de l’amour jaillit dans une œuvre brillante,  rondement menée par son parterre de formidables comédiens, de Camélia Jordana  à Niels Schneider en passant par Vincent Macaigne et Emilie Dequenne.  Jubilatoire ! mondocine.net  

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ADOLESCENTES

 

De Sébastien Lifshitz

Emma et Anaïs sont inséparables et pourtant, tout les oppose. Adolescentes suit leur parcours depuis leur 13 ans jusqu’à leur majorité, cinq ans de vie où se bous- culent les transformations et les premières fois. A leur 18 ans, on se demande alors quelles femmes sont-elles devenues et où en est leur amitié. A travers cette chronique de la jeunesse, le film dresse aussi le portrait de la France de ces cinq dernières années.

Vous vous souvenez de Boyhood, le film de Richard Linklater tourné avec les mêmes comédiens sur une douzaine d’années, de sorte qu’on les voyait grandir et évoluer en temps... réel et cinématographique ? Le pari était incroyable mais il est aujourd’hui battu par le cinéaste et documentariste Sébastien Lifshitz. Certes, Adolescentes ne s’étale que sur cinq années... mais ce n’est pas de la fiction. Et autant dire que ça change tout !...
En suivant ces deux ados pendant les années les plus importantes de leur vie, Sébastien Lifshitz ne signe pas qu’un simple documentaire portraitiste sur deux « exemples » d’adolescentes d’aujourd’hui. Le cinéaste va au-delà, il a toujours un coup d’avance, il voit sans cesse plus loin, chaque instant, chaque minute de son film enrichissant encore un peu plus une œuvre-témoignage absolument exceptionnelle de force, de pertinence et d’authenticité. Au cours de ce voyage intime dans le quotidien de ces deux jeunes femmes en devenir, Sébastien Lifshitz livre un regard fascinant sur l’adolescence, ses joies, ses tourments et ses excès, mais il évoque aussi le déterminisme social et la lutte des classes, il dépeint un entre-deux âges où tout est passionné, où chaque situation et sentiment est vécu au centuple, où l’on est en réaction contre tout et tout le monde. Autour de ses deux « héroïnes », il filme aussi un monde qui avance, il fait écho de la France de ces cinq dernières années et tente de voir si une universalité existe dans ces adolescences différentes et pourtant communes. mondocine.net
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THE PERFECT CANDIDATE 

De Haifaa Al Mansour

Avec Mila Alzahrani, Dae Al Hilali, Khalid Abdulrhim

Maryam est médecin dans la clinique d'une petite ville d'Arabie saoudite. Alors qu'elle veut se rendre à Riyad pour candidater à un poste de chirurgien dans un grand hôpital, elle se voit refuser le droit de prendre l’avion. Célibataire, il lui faut une autorisation à jour signée de son père, malheureusement absent. Révoltée par cette interdiction de voyager, elle décide de se présenter aux élections municipales de sa ville. Mais comment une femme peut-elle faire campagne dans ce pays ?

« Il faut qu’elles apprennent à se débrouiller toutes seules », tel est le paradoxe de "The Perfect Candidate", le dernier film teinté d’humour de la réalisatrice saoudienne Haifaa al Mansour. Sa dernière production cinématographique aborde la condition féminine (mais pas que !) dans son pays sans en appeler pour autant à la compassion des spectateurs, ni à leur indignation.. Après "Wadja", Haifaa al Mansour opte pour une protagoniste plus âgée : Maryam, une jeune saoudienne docteur, dont le visage est drapé d’un niqab. Femme, elle se voit régulièrement mise à l’écart dans le traitement de patient. Sa condition la rattrape de nouveau lorsqu’elle souhaite prendre un vol pour Dubaï, suivant son envie de carrière. Son autorisation de voyager n’est plus valable, et seul son tuteur légal peut intervenir. Pour y remédier seule, elle décide alors de s’engager sur une voie traditionnellement masculine : la politique. Elle se lance, accompagnée de ses deux sœurs, dans les élections municipales. La campagne électorale en dix étapes dégotées sur internet ne s’annonce pas comme un long fleuve tranquille.
Suggérer plutôt que montrer signe bien ce long-métrage. Exprimer sans oppresser. Le spectateur observe, découvre aussi parfois, une société patriarcale dont les dogmes sont parfois critiqués. Maryam court après une certaine émancipation sans chercher pour autant à renier les traditions du monde dans lequel elle vit. Face à la difficulté pour une femme d’être entendue et parfois reconnue pour ses compétences, la jeune docteur n’hésitera pas à faire ses preuves, convaincue que la société peut évoluer. Même si la victoire électorale semble perdue d’avance, là n’est pas le sujet. Haifaa al Mansour s’évertue à prôner le courage et l’envie de changement bien plus que le résultat. Il ne suffit que de « changer les mentalités » ! lequotidienducinema.com

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CANCION SIN NOMBRE

 

De Melina León
Avec Pamela Mendoza, Tommy Párraga, Lucio A. Rojas
 
Pérou, fin des années 1980. Alors qu’elle attend son premier enfant, Georgina (saisissante Pamela Mendoza), une vendeuse de rue qui vit avec son mari dans la pauvreté, tombe sur l’annonce d’une clinique offrant des soins gratuits aux femmes enceintes. Après son accouchement, elle demande à voir son bébé, mais la clinique refuse et ne rouvre jamais ses portes. Désespérée, elle contacte un journaliste, qui accepte de mener l’enquête...

Inspirée par une affaire de trafic d’enfants sur laquelle son père, journaliste, a travaillé, Melina León signe un premier long en noir et blanc rude, poétique et sublime, qui nous immerge dans la réalité politico-historique d’un pays miné par la misère sociale, le conservatisme, et la violence du mouvement révolutionnaire du

Sentier Lumineux, né dans les années 1970 d’une dissidence d’un des partis communistes péruviens et passé à la lutte armée insurrectionnelle au début de la décennie suivante.

Cette atmosphère suffocante trouve écho dans la manière qu’a la cinéaste de composer avec l’espace – comme dans cette scène dans laquelle elle filme en plongée cette mère triste, parcourant le couloir interminable du palais de justice ; ou, avec des plans fixes, attirant notre regard sur les pentes de sables escarpées et désolées de la région pauvre des Andes où habitent Georgina et son époux. Cette implacable mise en scène fait ressortir tout un monde de désenchantements – ce que semble justement chanter dans une douce berceuse l’héroïne dans une scène finale à cou- per le souffle. troiscouleurs.fr

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UN FILS

 

 

De Mehdi Barsaoui

Farès et Meriem forment avec Aziz, leur fils de 9 ans, une famille tunisienne moderne is- sue d’un milieu privilégié. Lors d’une virée dans le sud de la Tunisie, leur voiture est prise pour cible par un groupe terroriste et le jeune garçon est grièvement blessé.. 

Alors qu'ils rentrent chez eux après la fête, Meriem, son mari Fares (Sami Bouajila) et leur fils de dix ans Aziz (Youssef Khemiri) se retrouvent au beau milieu d'une attaque armée qui va coûter la vie à plusieurs soldats. C’est un changement abrupt qui casse d’un coup l’humeur festive et la dynamique familiale. Pris entre deux feux, Aziz est très gravement blessé, et il risque de mourir s’il ne reçoit pas un foie. Ainsi commence la quête d’un don- neur compatible. C’est encore plus dur de trouver un foie dans un pays islamique, car le don d'organe ne fait pas partie de cette culture. C'est là que l’histoire prend un tour inat- tendu et délicieux. Meriem va devoir faire face à une révélation de son passé. Son fils risque de mourir à moins qu’elle ne révèle à Fares un secret qu’elle garde depuis longtemps. Sa découverte va entraîner un effet domino, tandis que les époux se trouvent dans une spirale de di- lemmes moraux de plus en plus complexes. Intelligemment, ces dilemmes auxquels ils font face sont le miroir de ceux auxquels la société tunisienne est confrontée : vont-ils pouvoir oublier les transgressions du passé pour construire un futur meilleur ? Sont-ils vraiment libéraux ou prisonniers du système patriarcal ? Le sentiment de suffoquement et de souffrance qui se dégage de l'ensemble est augmen- té par la décision de l'auteur de filmer avec une caméra tenue à l’épaule et en cinéma- scope, ce qui a pour effet d’isoler les personnages tandis que la caméra les suit, les pour- chasse comme des mouches, sans jamais leur accorder aucun répit. Les performances centrales sont tout à fait louables, notamment celle de Najla Ben Abdallah, connue avant tout pour son travail à la télévision tunisienne.... un premier long-métrage excitant et com- plexe par un nouveau réalisateur tunisien très prometteur. Cineuropa.org 

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BENNI

 

 
Benni a neuf ans. Négligée par sa mère, elle est enfermée depuis sa petite enfance dans une violence qu'elle n'arrive plus à contenir. Prise en charge par les services sociaux, elle n'aspire pourtant qu'à être protégée et retrouver l'amour maternel qui lui manque tant. De foyer en foyer, son assistante sociale et Micha, un éducateur, tenteront tout pour calmer ses blessures et l'aider à trouver une place dans le monde.
Quand s’ouvre Benni, chronique de la révolte d’une petite fille aux prises avec les services sociaux allemands, le spectateur a de prime abord le sentiment d’évoluer en terrain connu, voire balisé. Le jeu naturaliste des comédiens, la caméra portée au plus près de l’action, des regards, une image qui semble initialement s’inquiéter d’une illusion de réalité plus que de ses propres compositions, tout concourt à inscrire le long-métrage dans un cinéma social très codifié, qui fait les beaux jours des
festivals européens. Au fur et à mesure que le récit se déploie, ce dernier dévoile pourtant qu’il a beaucoup plus à offrir.
C’est tout d’abord l’interprétation qui différencie Benni du tout venant du drame allemand. Si tous les adultes qui émaillent ce récit sont excellents, la jeune Helena Zengel accomplit pour sa part une performance rien de moins qu'ahurissante. Stupéfiante en môme ne pouvant plus contenir sa colère au sein d’un système certes attentionné, mais incapable de générer de l’amour, elle capture l’attention de la caméra, et donc du spectateur, avec une facilité déconcertante. Loin d’écraser la dramaturgie, ses accès de fureur, comme ses moments d’abandon ou de tendresse, scandent l’intrigue avec une grâce magnétique. ecranlarge.com
 
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LA COMMUNION

de Jan Komasa 

Daniel, 20 ans, se découvre une vocation spirituelle dans un centre de détention pour la jeunesse mais le crime qu’il a commis l’empêche d’accéder aux études de séminariste. Envoyé dans une petite ville pour travailler dans un atelier de menuiserie, il se fait passer pour un prêtre et prend la tête de la paroisse. L’arrivée du jeune et charismatique prédicateur bouscule alors cette petite communauté conservatrice. Inspiré d’histoires vraies d’usurpation de statut de prêtre en Pologne et dans d’autres pays, La Communion débute par une description crue et sans concessions de l’univers carcéral. Malgré cette violence, Daniel semble irrésistiblement attiré par la prêtrise, même si son passé lui interdit d’accéder officiellement à cette fonction. La petite ville dans laquelle arrive Daniel a été marquée par un drame et la douleur semble trop forte pour ressentir le pardon chez certains paroissiens. A cette impossibilité de faire son deuil et d’exprimer sa souffrance, Daniel oppose un enthousiasme et des mé- thodes inédits pour les paroissiens. A la fois sombre et lumineux, La Communion doit beaucoup à l’interprétation très juste de Bartosz Bielenia, dont le jeu intense et la sensibilité évoquent un jeune Christopher Wal- ken polonais. Son personnage nous émeut par sa sincérité et sa complexité. La violence qu’il porte en lui et son passé de meurtrier n’empêchent nullement Daniel de faire preuve d’un amour chrétien et d’une abnégation authentiques. Qualités qu’on ne trouve pas for- cément chez les habitants de cette paroisse, même quand ils occupent des fonctions à priori élevées, au sein de l’église ou de la municipalité. Nominé aux Oscars 2020 dans la catégorie Meilleur Film Etranger, La Communion cap- tive par sa réalisation sans ostentation, le naturel de ses interprètes et la profondeur de ses thèmes offre une vision de la foi et de la quête de rédemption exempte de mièvrerie ou de clichés. Sa fin ouverte contribue à l’intensité de ce long-métrage, singulier et tou- chant. lebleudumiroir.fr 

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