ATLANTIQUE

Un film de Mati Diop
Avec Mama Sané, Amadou Mbow, Ibrahima Traore
 
À Dakar, Ada s’apprête à épouser Omar, qu’elle n’aime pas. Elle fait la rencontre de Souleiman, qui travaille sur un chantier, n’a pas été payé depuis plusieurs mois et s’apprête à embarquer clandestinement pour l’Espagne. Son départ et celui de plusieurs jeunes hommes vont
précipiter leurs proches dans une enquête mystique.
Quand Souleiman et ses camarades disparaissent en mer, le film opère une bascule vers le polar et le fantastique. Dès son ouverture, Atlantique donnait à sentir la puissance de l’océan, faisant, par le son, les rayons du soleil ou le scintillement de la Lune, un personnage à part entière de l’étendue bleutée.
Alors que les hommes perdus en mer en viennent à posséder les femmes restées à Dakar, le film se transforme, basculant dans l’errance
fantastique, la rêverie fantasmagorique, sans jamais perdre contact avec le monde qu’il décrit.
Ne se limitant jamais à un commentaire de la crise des migrants, à une illustration d’un sujet passionnant et éminemment politique, Mati Diop embrasse le drame des exilés depuis la rive du départ, pour ne jamais la quitter, et l’amène jusque sur le terrain de la fable. La mise
en scène comme le scénario embrassent cet univers complexe et changeant avec une simplicité qui confinent à l’évidence, n’usant jamais des ressorts du cinéma de genre comme d’un cache-misère ou une quelconque forme de pose.
Ce n’est probablement pas un hasard si on retrouve ici comme co-producteur Oumar Sall, déjà derrière Félicité, qui partage avec Atlantique un même mouvement, une danse entamée du particulier vers l’universel. Qui domine ? Qui possède ? Les ultimes images du film ébaucheront une réponse, plastique et fascinante, qui rappelle par endroits certaines trouvailles du Zombi Child de Bertrand Bonello. www.ecranlarge.com
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