CANCION SIN NOMBRE

 

De Melina León
Avec Pamela Mendoza, Tommy Párraga, Lucio A. Rojas
 
Pérou, fin des années 1980. Alors qu’elle attend son premier enfant, Georgina (saisissante Pamela Mendoza), une vendeuse de rue qui vit avec son mari dans la pauvreté, tombe sur l’annonce d’une clinique offrant des soins gratuits aux femmes enceintes. Après son accouchement, elle demande à voir son bébé, mais la clinique refuse et ne rouvre jamais ses portes. Désespérée, elle contacte un journaliste, qui accepte de mener l’enquête...

Inspirée par une affaire de trafic d’enfants sur laquelle son père, journaliste, a travaillé, Melina León signe un premier long en noir et blanc rude, poétique et sublime, qui nous immerge dans la réalité politico-historique d’un pays miné par la misère sociale, le conservatisme, et la violence du mouvement révolutionnaire du

Sentier Lumineux, né dans les années 1970 d’une dissidence d’un des partis communistes péruviens et passé à la lutte armée insurrectionnelle au début de la décennie suivante.

Cette atmosphère suffocante trouve écho dans la manière qu’a la cinéaste de composer avec l’espace – comme dans cette scène dans laquelle elle filme en plongée cette mère triste, parcourant le couloir interminable du palais de justice ; ou, avec des plans fixes, attirant notre regard sur les pentes de sables escarpées et désolées de la région pauvre des Andes où habitent Georgina et son époux. Cette implacable mise en scène fait ressortir tout un monde de désenchantements – ce que semble justement chanter dans une douce berceuse l’héroïne dans une scène finale à cou- per le souffle. troiscouleurs.fr

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BENNI

 

 
Benni a neuf ans. Négligée par sa mère, elle est enfermée depuis sa petite enfance dans une violence qu'elle n'arrive plus à contenir. Prise en charge par les services sociaux, elle n'aspire pourtant qu'à être protégée et retrouver l'amour maternel qui lui manque tant. De foyer en foyer, son assistante sociale et Micha, un éducateur, tenteront tout pour calmer ses blessures et l'aider à trouver une place dans le monde.
Quand s’ouvre Benni, chronique de la révolte d’une petite fille aux prises avec les services sociaux allemands, le spectateur a de prime abord le sentiment d’évoluer en terrain connu, voire balisé. Le jeu naturaliste des comédiens, la caméra portée au plus près de l’action, des regards, une image qui semble initialement s’inquiéter d’une illusion de réalité plus que de ses propres compositions, tout concourt à inscrire le long-métrage dans un cinéma social très codifié, qui fait les beaux jours des
festivals européens. Au fur et à mesure que le récit se déploie, ce dernier dévoile pourtant qu’il a beaucoup plus à offrir.
C’est tout d’abord l’interprétation qui différencie Benni du tout venant du drame allemand. Si tous les adultes qui émaillent ce récit sont excellents, la jeune Helena Zengel accomplit pour sa part une performance rien de moins qu'ahurissante. Stupéfiante en môme ne pouvant plus contenir sa colère au sein d’un système certes attentionné, mais incapable de générer de l’amour, elle capture l’attention de la caméra, et donc du spectateur, avec une facilité déconcertante. Loin d’écraser la dramaturgie, ses accès de fureur, comme ses moments d’abandon ou de tendresse, scandent l’intrigue avec une grâce magnétique. ecranlarge.com
 
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UN FILS

 

 

De Mehdi Barsaoui

Farès et Meriem forment avec Aziz, leur fils de 9 ans, une famille tunisienne moderne is- sue d’un milieu privilégié. Lors d’une virée dans le sud de la Tunisie, leur voiture est prise pour cible par un groupe terroriste et le jeune garçon est grièvement blessé.. 

Alors qu'ils rentrent chez eux après la fête, Meriem, son mari Fares (Sami Bouajila) et leur fils de dix ans Aziz (Youssef Khemiri) se retrouvent au beau milieu d'une attaque armée qui va coûter la vie à plusieurs soldats. C’est un changement abrupt qui casse d’un coup l’humeur festive et la dynamique familiale. Pris entre deux feux, Aziz est très gravement blessé, et il risque de mourir s’il ne reçoit pas un foie. Ainsi commence la quête d’un don- neur compatible. C’est encore plus dur de trouver un foie dans un pays islamique, car le don d'organe ne fait pas partie de cette culture. C'est là que l’histoire prend un tour inat- tendu et délicieux. Meriem va devoir faire face à une révélation de son passé. Son fils risque de mourir à moins qu’elle ne révèle à Fares un secret qu’elle garde depuis longtemps. Sa découverte va entraîner un effet domino, tandis que les époux se trouvent dans une spirale de di- lemmes moraux de plus en plus complexes. Intelligemment, ces dilemmes auxquels ils font face sont le miroir de ceux auxquels la société tunisienne est confrontée : vont-ils pouvoir oublier les transgressions du passé pour construire un futur meilleur ? Sont-ils vraiment libéraux ou prisonniers du système patriarcal ? Le sentiment de suffoquement et de souffrance qui se dégage de l'ensemble est augmen- té par la décision de l'auteur de filmer avec une caméra tenue à l’épaule et en cinéma- scope, ce qui a pour effet d’isoler les personnages tandis que la caméra les suit, les pour- chasse comme des mouches, sans jamais leur accorder aucun répit. Les performances centrales sont tout à fait louables, notamment celle de Najla Ben Abdallah, connue avant tout pour son travail à la télévision tunisienne.... un premier long-métrage excitant et com- plexe par un nouveau réalisateur tunisien très prometteur. Cineuropa.org 

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LA COMMUNION

de Jan Komasa 

Daniel, 20 ans, se découvre une vocation spirituelle dans un centre de détention pour la jeunesse mais le crime qu’il a commis l’empêche d’accéder aux études de séminariste. Envoyé dans une petite ville pour travailler dans un atelier de menuiserie, il se fait passer pour un prêtre et prend la tête de la paroisse. L’arrivée du jeune et charismatique prédicateur bouscule alors cette petite communauté conservatrice. Inspiré d’histoires vraies d’usurpation de statut de prêtre en Pologne et dans d’autres pays, La Communion débute par une description crue et sans concessions de l’univers carcéral. Malgré cette violence, Daniel semble irrésistiblement attiré par la prêtrise, même si son passé lui interdit d’accéder officiellement à cette fonction. La petite ville dans laquelle arrive Daniel a été marquée par un drame et la douleur semble trop forte pour ressentir le pardon chez certains paroissiens. A cette impossibilité de faire son deuil et d’exprimer sa souffrance, Daniel oppose un enthousiasme et des mé- thodes inédits pour les paroissiens. A la fois sombre et lumineux, La Communion doit beaucoup à l’interprétation très juste de Bartosz Bielenia, dont le jeu intense et la sensibilité évoquent un jeune Christopher Wal- ken polonais. Son personnage nous émeut par sa sincérité et sa complexité. La violence qu’il porte en lui et son passé de meurtrier n’empêchent nullement Daniel de faire preuve d’un amour chrétien et d’une abnégation authentiques. Qualités qu’on ne trouve pas for- cément chez les habitants de cette paroisse, même quand ils occupent des fonctions à priori élevées, au sein de l’église ou de la municipalité. Nominé aux Oscars 2020 dans la catégorie Meilleur Film Etranger, La Communion cap- tive par sa réalisation sans ostentation, le naturel de ses interprètes et la profondeur de ses thèmes offre une vision de la foi et de la quête de rédemption exempte de mièvrerie ou de clichés. Sa fin ouverte contribue à l’intensité de ce long-métrage, singulier et tou- chant. lebleudumiroir.fr 

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LA FILLE AU BRACELET

 

Un film de Stéphane Demoustier
Avec Melissa Guers, Chiara Mastroianni, Anaïs Demoustier, Roschdy Zem, Annie Mercier

 

Lise, 18 ans, vit dans un quartier résidentiel sans histoire et vient d'avoir son bac. Mais depuis deux ans, Lise porte un bracelet car elle est accusée d'avoir assassiné sa meilleure amie. Connaissons-nous réellement nos enfants ? Avec ce film de procès impliquant une jeune fille accusée du meurtre de sa meilleure amie, Stéphane Demoustier inter- roge le regard souvent déconcerté des parents face au comportement et à la psy- ché de leur progéniture. Rythmée par la procédure judiciaire et ses protocoles ex- plicatifs, cette Fille au bracelet navigue pourtant sur une mer d’ambiguïté constante qui dénote une habileté de mise en scène assez inhabituelle sous nos latitudes. À 43 ans, Stéphane Demoustier a déjà de la suite dans les idées. On peut en effet envisager ce troisième long métrage comme un prolongement de son premier, Terre battue (2014), dans lequel le cinéaste tentait de sonder par petites touches l’ambiguïté du lien filial en faisant courir en parallèle le portrait d’un père en quête d’un nouveau défi professionnel et celui d’un fils féru de tennis rêvant d’inté- grer un prestigieux centre de formation. Il s’agissait alors de reconstituer, sans donner l’air d’y toucher, la chaîne de facteurs potentiels qui amena cet adolescent à se rendre coupable, in fine, d’un acte de triche quasi criminel. À l’inverse, La Fille au bracelet s’intéresse à l’après, à l’onde de choc, à travers le quotidien de deux parents accompagnant leur fille à son procès aux assises. Deux œuvres en miroir qui expérimentent le vertige d’adultes en plein désarroi, plongés dans une situation de crise dans laquelle se matérialise l’image d’un enfant qu’ils semblent ne plus comprendre, ou ne jamais avoir connu. Jouant habilement avec les conventions du genre, l’écriture du procès se pare ici d’une efficacité redoutable, permettant à la personnalité de l’incriminée de s’obscurcir à mesure que les faits se révèlent. www.troiscouleurs.fr 

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UNE MÈRE INCROYABLE 

un film de Franco Lolli 

À Bogota, Silvia, mère célibataire et avocate, est mise en cause dans un scandale de cor- ruption. À ses difficultés professionnelles s'ajoute une angoisse plus profonde. Leticia, sa mère, est gravement malade. Tandis qu'elle doit se confronter à son inéluctable dispari- tion, Silvia se lance dans une histoire d'amour, la première depuis des années. 

Cinq ans après "Gente de bien", le réalisateur colombien Franco Lolli est de retour sur les écrans français avec un nouveau portrait de famille. Cette « mère incroyable » n'est ici pas celle qu'on croit. Ce n'est pas la mère mourante (interprétée par la propre mère du réalisa- teur), mais sa fille Silvia avec qui elle entretient une relation assez conflictuelle. Femme célibataire élevant seule son fils, cette dernière se bat sur tous les fronts puisque dans le cadre de son métier d'avocate, elle est suspectée d'avoir privilégié une entreprise lors d'un appel d'offre. Pourtant, dans cette tempête professionnelle et familiale, Silvia tombe amoureuse. À qua- rante ans passés, elle aime enfin un homme avec qui elle peut être heureuse. C'est ce pa- radoxe émotionnel que Franco Lolli rapporte avec une très jolie bienveillance dans son film. Son héroïne, parfaitement interprétée par Carolina Sanín, exprime par sa seule pré- sence à l'écran toute la complexité de sa situation au quotidien. Et qu'il exprime la colère ou qu'il révèle des sentiments à peine perceptibles, le film s’avère juste de bout en bout. 

Le titre original : Litigante (en français : plaidante) résume à lui seule l'essence du mé- trage. Silvia doit constamment prouver à sa mère, à la justice, mais aussi à sa conscience, qu'elle n'est pas coupable de la tournure qu'a prise sa vie. Au contraire, pour ne pas deve- nir une énième victime invisible de la bien-pensance, Silvia se bat comme elle peut pour vivre sa vie comme elle l'entend, tout en protégeant les siens. C'est à ce titre qu'elle est "Une mère incroyable". Abusdecine.com 

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ADAM

De Maryam Touzani
Avec Lubna Azabal, Nisrin Erradi, Douae Belkhaouda

Dans la Médina de Casablanca, Abla, mère d’une fillette de 8 ans, tient un magasin de pâtisseries marocaines. Quand Samia, une jeune femme enceinte frappe à sa porte, Abla est loin d’imaginer que sa vie changera à jamais. Une rencontre fortuite du destin, deux femmes en fuite, et un chemin vers l’essentiel. 

Pour son premier long-métrage de fiction, Maryam Touzani filme, dans un huis-clos superbement éclairé, un drame psychologique, sec et vibrant, sur la difficile condi- tion des mères célibataires dans la société marocaine. Le travail de Maryam Touzani conjointement mené avec Nabil Ayouch depuis quelques années (on se souvient de Much Loved et plus récemment Razzia) met le doigt sur l’hypocrisie de la société marocaine, patriarcale et conservatrice. Adam rend hommage à la force de ces femmes tenues à l’écart mais la qualité de son écriture, le talent de ses actrices et sa beauté plastique en font beaucoup plus qu’un film dossier. Il faut souligner également le très beau travail de la directrice de la photographie, Virginie Surdej, inspiré par les tableaux de maîtres, Le Caravage, pour les am- biances claires obscures et l’évocation d’une vie simple, Wermeer, pour la lumière oblique et la chaleur des mordorés. Les préparations culinaires donnent lieu à de belles scènes au cours desquels Samia réactive dans les mains d’Abla une sen- sualité perdue. Loin de toute séduction, Adam érige la sororité en viatique et trouve sa beauté dans les étincelles qu’il regarde jaillir du frottement de deux âmes forcloses. Lebleudumiroir.fr 

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